Dans notre société contemporaine, l’influence de l’adultisme est omniprésente, façonnant les choix politiques et éducatifs de manière bien plus significative qu’on ne l’imagine. Ce phénomène, souvent invisible, reste pourtant l’un des fondements d’une hiérarchie socialement acceptée entre générations. Dans cet article, nous examinerons comment l’adultisme s’infiltre dans divers aspects de la vie quotidienne, en analysant ses manifestations, ses conséquences, et les initiatives qui visent à rebalancer la dynamique entre adultes et jeunes. Nous nous plongerons également dans la manière dont ces relations de pouvoir affectent les politiques publiques et les pratiques éducatives, en illustrant notre propos avec des exemples concrets et des données pertinentes.
Définition et origines de l’adultisme
L’adultisme désigne la croyance en la supériorité des adultes sur les enfants et les jeunes, souvent justifiée par l’idée d’une infériorité naturelle des plus jeunes. Ce concept émerge dans les années 1840, même si ses racines se trouvent dans des croyances culturelles beaucoup plus anciennes. Au départ, le terme s’appliquait principalement aux comportements des enfants des classes populaires, souvent forcés d’agir comme des adultes face à des conditions de vie précaires. Les études du psychologue américain Jack Flasher, dans les années 1970, ont largement contribué à populariser l’idée que l’adultisme est un système fondamental d’oppression, renforcé par des normes sociales et institutionnelles.
Les conséquences de l’adultisme s’étendent bien au-delà des interactions individuelles. Par exemple, dans un espace éducatif, il se traduit par des pratiques pédagogiques qui minimisent la voix des jeunes. Les enseignants, en s’identifiant en tant qu’autorité, imposent leurs perspectives, négligeant souvent les opinions et besoins des élèves. Cette dynamique d’autorité peut également se retrouver dans les processus décisionnels politiques, où les voix des jeunes sont souvent reléguées au second plan. Ainsi, l’adultisme non seulement déforme les relations intergénérationnelles, mais il engendre également un mécontentement croissant et des tensions entre les générations.

Les manifestations de l’adultisme dans l’éducation
Au sein du système éducatif, l’adultisme se manifeste par des méthodes pédagogiques centrées sur l’autorité, où le savoir des élèves et leur liberté d’expression sont souvent ignorés. Cette approche hiérarchique, enseignée et assimilée dès le plus jeune âge, façonne les élèves en tant que récepteurs passifs d’informations, sans espace pour l’autonomie ou la critique. Les pédagogies alternatives et critiques, qui proposent d’inclure activement les jeunes dans leur propre processus éducatif, sont souvent considérées comme marginales.
On observe que dans certaines écoles, par exemple, les méthodes Montessori ou Freinet, tentent de contrer cette tendance. Ces pédagogies favorisent l’implication active des élèves dans leur apprentissage, mais elles restent relativement peu adoptées à grande échelle. Les programmes éducatifs nationaux souvent dictés par des instances adultes, à l’instar de l’Éducation nationale en France, continuent de perpétuer des normes qui renforcent l’adultisme.
Les effets de l’adultisme sur les choix politiques des jeunes
L’influence de l’adultisme dans les sphères politique et sociale est tout aussi marquée. En raison des croyances adultistes, les jeunes sont souvent exclus des discussions politiques qui les concernent directement. Une étude menée en 2025 a révélé que 75 % des jeunes de 16 à 25 ans estiment que leurs opinions sont sous-estimées dans les décisions politiques. Le manque de représentation des jeunes dans les processus décisionnels contribue à un sentiment d’impuissance et à une désengagement croissant vis-à-vis des institutions politiques.
Certaines initiatives commencent cependant à émerger, cherchant à intégrer davantage les jeunes dans les choix politiques. Par exemple, des projets comme le Conseil des jeunes de la ville de Paris permettent aux jeunes de formuler des propositions sur des sujets qui les touchent, tels que la mobilité, l’environnement, et même le logement. Ces initiatives visent à créer un espace où les jeunes peuvent exercer leur pouvoir de manière constructive.
La lutte contre l’adultisme : perspectives et initiatives
Face aux défis posés par l’adultisme, plusieurs mouvements sociaux ont émergé pour promouvoir la participation des jeunes et leur reconnaissance en tant qu’auxiliaires de changement. Les organisations internationales comme UNICEF et Save the Children encouragent la participation des enfants et des adolescents dans les décisions qui les concernent. Ces organisations mettent en avant l’idée que les jeunes ne doivent pas seulement être des victimes des politiques, mais des acteurs actifs de leur mise en œuvre.
Atteindre un équilibre entre les générations passe également par une éducation à la citoyenneté critique. Les programmes éducatifs qui engagent les jeunes dans le débat public, les sensibilisant à des questions de société comme la discrimination de l’âge ou l’égalité intergénérationnelle, se révèlent être efficaces. Ces programmes visent non seulement à sensibiliser les jeunes, mais aussi à responsabiliser les adultes vis-à-vis de leur rôle dans la promotion d’une société plus équitable.

Les enjeux de la majorité légale et du droit de vote
La question de la majorité légale et des droits des jeunes constitue un terrain de bataille fondamental dans la lutte contre l’adultisme. Actuellement, la majorité est généralement fixée à 18 ans dans beaucoup de pays, une loi qui traduit des perceptions adultistes et qui exclut les jeunes de pouvoir exercer activement leur voix politique. Les mouvements qui militent pour un abaissement de cet âge à 16 ans soulignent que la maturité n’est pas proportionnelle à l’âge.
Le débat sur le droit de vote des jeunes met également en évidence des inégalités persistantes. Des pays comme l’Autriche et l’Écosse ont déjà introduit des dispositions permettant aux jeunes de voter à 16 ans, essayant ainsi de redéfinir la perception des jeunes dans le cadre politique. Ces efforts visent à encourager un engagement précoce des jeunes vis-à-vis des enjeux sociopolitiques, à revendiquer une plateforme où leurs voix sont prises en compte.
La nécessité d’une pédagogie critique
Pour contrer les effets de l’adultisme dans l’éducation, il est crucial d’adopter une pédagogie critique qui encourage les élèves à questionner le monde qui les entoure. En intégrant des approches pédagogiques qui valorisent la réflexion et la critique, on favorise une prise de conscience des inégalités, y compris celles fondées sur l’âge. Ces méthodes enseignent non seulement aux jeunes à comprendre les mécanismes de pouvoir, mais également à devenir des agents de changement.
Des projets comme les ateliers de débat ou les forums de jeunes peuvent s’avérer particulièrement bénéfiques. En offrant des plateformes sécurisées où les jeunes peuvent s’exprimer librement, ces initiatives contribuent à renforcer leur habilitation, les préparant ainsi à participer activement dans les discussions publiques.
Les conséquences de l’adultisme sur la santé mentale des jeunes
Les impacts de l’adultisme ne se limitent pas aux domaines éducatifs et politiques. La santé mentale des jeunes souffre également des systèmes d’oppression intergénérationnelle en place. Les jeunes qui se sentent marginalisés dans leurs opinions et leurs besoins sont plus susceptibles de développer des problèmes de santé mentale, tels que l’anxiété et la dépression. Une enquête réalisée récemment indiquait que près de 30 % des jeunes âgées de 16 à 24 ans ont exprimé des sentiments de dévalorisation liés à leur statut social.
Il est crucial de reconnaître que ces problèmes ne peuvent être résolus que par une reconfiguration des relations entre adultes et jeunes. Des initiatives communautaires qui cherchent à établir des liens solides entre générations peuvent jouer un rôle clé dans la réduction des effets de l’adultisme. En intégrant les jeunes dans des projets intergénérationnels, on favorise un environnement où leurs contributions sont reconnues et valorisées.
Les initiatives de soutien psychologique pour les jeunes
Face à la montée des enjeux de santé mentale, des programmes de soutien psychologique adaptés aux jeunes apparaissent comme une nécessité. Ces programmes visent à offrir des ressources et des outils pour améliorer le bien-être mental des jeunes tout en relevant les défis que pose l’adultisme. Les centres d’écoute et les lignes de prévention du suicide se multiplient, fournissant un espace où les jeunes peuvent s’exprimer librement sans crainte de jugement.
| Type d’initiative | Objectif | Cible |
|---|---|---|
| Ateliers de débat | Encourager l’expression des jeunes | Adolescents et jeunes adultes |
| Conseils des jeunes | Intégrer la voix des jeunes dans les décisions politiques | Collectivités locales |
| Programmes de santé mentale | Offrir un soutien psychologique spécifique | Tous les jeunes |
| Projets intergénérationnels | Renforcer le lien entre générations | Communautés |
Qu’est-ce que l’adultisme ?
L’adultisme est une croyance en la supériorité des adultes sur les jeunes, souvent justifiée par des préjugés d’infériorité naturelle.
Comment l’adultisme impacte-t-il l’éducation ?
Il se manifeste par des méthodes pédagogiques autoritaires, empêchant la participation active des jeunes dans leur propre apprentissage.
Quel est le rôle des jeunes dans les décisions politiques ?
Les jeunes, souvent exclus des décisions politiques, commencent à revendiquer leur place à travers des initiatives visant à intégrer leur voix.
Comment améliorer la santé mentale des jeunes face à l’adultisme ?
Des programmes de soutien psychologique et des initiatives intergénérationnelles peuvent aider à atténuer les effets négatifs de l’adultisme.
Quelles solutions existent pour contrer l’adultisme ?
Des pédagogies critiques et des initiatives d’engagement peuvent aider à promouvoir une égalité intergénérationnelle.




