Une grossesse qui survient pendant une période de chômage place la future mère face à un enchevêtrement administratif : France Travail d’un côté, Assurance maladie de l’autre, et depuis juillet 2026, un nouveau congé supplémentaire de naissance. Le congé maternité au chômage obéit pourtant à des règles précises, souvent mal comprises parce qu’elles impliquent deux organismes qui ne versent jamais leurs prestations en même temps.
Suspension de l’ARE pendant le congé maternité : le mécanisme concret
Le point de départ est une règle de non-cumul. Pendant toute la durée du congé maternité, les allocations chômage sont suspendues, pas supprimées. France Travail cesse ses versements dès le premier jour du congé prénatal et ne les reprend qu’à la fin du congé postnatal.
C’est l’Assurance maladie (CPAM) qui prend le relais en versant des indemnités journalières maternité. La demandeuse d’emploi bénéficie du même congé maternité qu’une salariée, avec les mêmes durées : six semaines avant l’accouchement et dix semaines après pour un premier ou deuxième enfant, davantage en cas de naissances multiples ou à partir du troisième enfant.
La nuance qui échappe à beaucoup de futures mères : la durée du droit à l’ARE est prolongée d’autant. Les semaines de congé maternité ne consomment pas de jours d’indemnisation chômage. À la reprise, le compteur redémarre là où il s’était arrêté.

Indemnités journalières maternité au chômage : base de calcul et conditions
Pour percevoir les indemnités journalières de la CPAM, il faut remplir des conditions d’affiliation à la Sécurité sociale. La base de calcul repose sur les salaires perçus avant la période de chômage, pas sur le montant de l’ARE.
Ce que la CPAM prend en compte
L’Assurance maladie se fonde sur les derniers salaires d’activité. Le montant de l’ARE ne sert pas de référence pour calculer les indemnités maternité. Une femme qui percevait un salaire élevé avant de perdre son emploi peut donc recevoir des indemnités journalières supérieures à son allocation chômage, et inversement.
Les indemnités journalières maternité et l’allocation chômage ne sont pas cumulables sur une même période. C’est l’un ou l’autre, jamais les deux simultanément.
Cas du chômage non indemnisé
Une demandeuse d’emploi qui ne perçoit pas l’ARE (droits épuisés, délai de carence, ou non-éligibilité) peut quand même bénéficier des indemnités journalières maternité de la CPAM, à condition de justifier d’une durée d’affiliation suffisante à la Sécurité sociale au cours des mois précédents. Le droit au congé maternité ne dépend pas du versement de l’ARE.
Congé supplémentaire de naissance 2026 : ce qui change pour les demandeuses d’emploi
Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau dispositif s’ajoute au congé maternité classique. Le congé supplémentaire de naissance (CSN), créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, concerne aussi les personnes inscrites à France Travail.
Une demandeuse d’emploi peut en bénéficier si elle remplit l’une de ces conditions :
- Elle perçoit une allocation de France Travail au moment de la demande
- Elle a perçu une allocation au cours des douze derniers mois
- Elle a cessé une activité salariée depuis moins de douze mois
Ce congé dure un ou deux mois et se prend après le congé maternité. L’indemnisation est versée par l’Assurance maladie à 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale fixé à 4 005 euros en 2026.
La même règle de non-cumul s’applique : les indemnités journalières du congé supplémentaire de naissance ne se cumulent pas avec l’ARE ni avec la PreParE. Les versements de France Travail restent suspendus pendant toute la durée du CSN, puis reprennent ensuite.
Démarches à effectuer auprès de France Travail et de la CPAM
L’articulation entre les deux organismes exige des démarches parallèles. Un oubli ou un retard peut créer un trou de revenus de plusieurs semaines.
- Déclarer la grossesse à la CPAM avant la fin du troisième mois, pour ouvrir les droits aux indemnités journalières maternité
- Informer France Travail de la date de début du congé maternité lors de l’actualisation mensuelle, en déclarant un changement de situation
- À la fin du congé (maternité et, le cas échéant, congé supplémentaire de naissance), se réinscrire ou signaler la reprise de recherche d’emploi à France Travail pour relancer le versement de l’ARE
L’actualisation mensuelle auprès de France Travail reste obligatoire, même pendant le congé maternité. Ne pas actualiser peut entraîner une radiation et compliquer la reprise des droits.
Délais de traitement à anticiper
Les premiers versements d’indemnités journalières par la CPAM n’arrivent pas toujours dès le début du congé prénatal. Un décalage de quelques semaines est fréquent, surtout si le dossier de grossesse a été transmis tardivement. Envoyer l’attestation de salaire et la déclaration de grossesse le plus tôt possible réduit ce risque de décalage.
Pour le congé supplémentaire de naissance, les retours terrain montrent que les premières familles concernées en juillet 2026 ont parfois attendu plusieurs semaines avant de recevoir leurs indemnités. Les données disponibles ne permettent pas encore de dire si ces retards se sont résorbés depuis.
Le congé maternité au chômage ne fait perdre aucun droit à l’ARE. La période est simplement mise entre parenthèses, puis le compteur reprend. Avec le congé supplémentaire de naissance, cette parenthèse peut désormais durer un à deux mois de plus, ce qui allonge d’autant la reprise des allocations chômage. Vérifier ses droits auprès de la CPAM avant le sixième mois de grossesse reste le geste le plus utile pour éviter toute interruption de revenus.